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Interview 10

Interview donnée pour le site www.brusselsbdtour.com, en septembre 2003 .

Le dessin, ça vous a pris quand ?
Je devais dessiner tout jeune, vers 7-8 ans je faisais des copies de "Tintin". Mais le vrai départ, c'est 10 ans plus tard vers 18 ans en lisant une bande dessinée de François Bourgeon : "Les compagnons du crépuscule" et ensuite "Les passagers du vent", je me suis dit "wouaow ! c'est quand même bien la BD pour adulte" et j'ai eu envie de faire de la BD à ce moment-là et c'est ainsi que je me suis mis réellement au dessin. C'était un peu tard, en y réfléchissant.

Ca ne vous a quand même pas mal réussi ...
Oui mais j'aurais préféré avoir quelques années de dessin dans les pattes en plus.

Mis à part Bourgeon, il y a d'autres auteurs qui vous ont marqué ?
A cette période, je lisais "Circus" et il y avait Yslaire et Makyo entre autres qui publiaient dans cette revue. Ce sont des auteurs qui continuent à me plaire. Depuis, j'ai rencontré d'autres auteurs comme Séverin et Loisel que je ne lisais pas à l'époque et bien d'autres, mais ce serait difficile de tous les citer.

Vous avez fait vos études à Angoulême. Il y avait pas mal de célébrités de la BD actuelle. Cet aréopage était-il propice à l'émulation ?
Je crois en fait que pour ce qui était de ma classe, on était pas très bon en dessin, mais on avait une furieuse envie d'en faire, et de la classe, on est 6 ou 7 à avoir sorti des albums, sur la quinzaine que l'on était, c'est pas mal !

Qui y avait-il ?
Masbou, Mazan, Ayrolles, Tiburce, Chipper, Eric Rémy, mais qui lui a surtout fait du fanzine. Je crois que c'est tout. Bien sûr, il y en a d'autres qui ont travaillé dans le dessin animé. Ensuite, j'ai redoublé et je suis tombé dans la classe de Joël Mouclier, Claire Wendling, Barral, Maïorana, et Gibelin. Et je suis retourné avec les autres, je n'ai redoublé que trois mois !

Ensuite, vous avez collaboré à l'atelier Sanzot ...
En fait, j'en fais toujours un peu partie, même si je n'y ai pas de table attitrée. En fait j'y ai beaucoup travaillé pour "Gribouillis". J'avais pas mal de photocopies à faire et assez bien de montage au dernier moment, mais je ne peux pas travailler au Sanzot (ni même en atelier) car je n'ai pas les mêmes horaires que les autres et puis maintenant, j'habite à au moins une demi-heure d'Angoulême, alors, j'aurais vraiment l'impression d'aller au boulot (rires ...).

Qu'avez-vous retiré de cette période ?
Au début, j'étais à l'atelier Brol avec Gabrion, Robin, Mazan, Grislain, Bec et Eric Derian, c'était pas mal, mais il y a beaucoup de problèmes en atelier, tels que la fumée de cigarette, la musique, les visites, et les idées qui appartiennent à tout le monde. C'est un peu frustrant quand tu as une bonne idée. Mais sinon, c'était bien. De chouettes souvenirs. On se serre les coudes en période de bouclage d'album.

Une entraide en quelque sorte ?
Pas forcément, mais l'entourage est là et donne des conseils au dernier moment. On râle quand ça ne va pas.

Avez-vous toujours voulu être un auteur complet ?
J'ai commencé en tant que scénariste, mais j'étais très déçu des critiques du tome un des "Remparts d'écume". Souvent, on ne parlait que du dessin. Alors, je me suis dit que j'allais tout faire, comme ça, on finirait bien par parler de mon boulot aussi. Et puis surtout, je voulais être dessinateur. De plus, Joël Mouclier ne faisait pas forcément ce que moi je voulais qu'il fasse, ce que je voyais. C'est mieux de tout maîtriser.

Quelle a été la genèse de "Gribouillis" ? C'est une chose à laquelle vous pensiez depuis longtemps ?
J'étais en train de faire la couverture du "Petit roi" (il y a quatre ans donc) et j'ai eu envie de redessiner un caniche comme je le faisais lorsque j'avais 7-8 ans. Mais, ça n'a pas donné un caniche, ça a donné Gribouillis. J'ai d'emblée trouvé le personnage plutôt sympathique, alors j'ai cherché une idée pour utiliser ce perso en BD. Au début, j'avais pensé dessiner le Gribouillis sur une page de publicité avec plusieurs intervenants, mais l'inconvénient était qu'il ne pouvait pas se déplacer. Il n'était que sur une page. C'est alors que m'est venue l'idée du catalogue. De plus, j'avais envie du noir et blanc. Je ne voulais pas être catalogué comme l'auteur de la "Nef des fous" qui ne travaille qu'en couleurs directes.

A ce propos, qu'est-ce qui pousse un jeune auteur qui perce à tenter l'aventure d'un album un peu hors norme? Gribouillis, c'est quand même 120 pages de noir et blanc ! ?
La folie ! (rires...). Non, c'est vrai que c'est risqué comme pari. C'est du noir et blanc donc ça va moins bien se vendre. Ce n'était pas bien payé aussi. Il valait mieux pour moi faire un album de "La nef des fous", mais j'avais envie de raconter cela. Et quand l'envie est là, c'est difficile d'y résister. C'est un album plein de collages, de bonnes idées, j'avais envie de faire plein de choses dans ce bouquin donc, il fallait que je le fasse.

Comment éditeur réagit-il à une telle envie ?
En fait, il ne pouvait pas faire autrement que de signer l'album. Lorsque je lui ai présenté "Gribouillis", je lui ai dit : "Je te le présente d'abord à toi !". Ce qui sous-entendait que je l'aurais présenté ailleurs. Alors, l'éditeur, même si ça se vend moins bien, il préfère l'avoir chez lui plutôt que de le voir paraître à la concurrence.

Le noir et blanc c'était juste pour ne pas que l'on vous colle une étiquette ?
Non, il y avait l'envie du noir et blanc. Des techniques différentes telle que celle du fusain que je ne peux utiliser sur "La nef des fous" et les collages aussi, que j'ai pu faire tout au long de l'album.

Quels ont été les grands défis de l'album ?
Et bien tout d'abord, c'est de faire 120 pages. Ensuite, de les faire assez rapidement. Je faisais une page tous les deux jours. Après le tome 4 de "La nef des fous", j'avais un peu d'argent devant moi alors, je me suis dit que j'allais pouvoir faire "Gribouillis". En septembre de l'année dernière, j'étais à la page trente de l'album et je m'y suis mis à fond. Pendant six mois, il n'y a quasiment pas eu de battement. Je prenais 3-4 jours par mois de repos. A la fin, c'était assez mortel car tous les deux jours, il faut avoir une nouvelle idée car je n'écris pas les dialogues à l'avance. J'écris au fur et à mesure de l'histoire. Dès que je trouve une idée, je l'exploite.

La trame générale de l'histoire existait déjà quand même. Vous saviez où vous alliez ?
Oui, je connaissais la fin, mais je pouvais toujours rajouter des pages. Jusqu'à la fin, je ne savais pas du tout combien de pages comprendrait l'album, ça devait être au départ 78 pages!

Graphiquement, vous avez changé des choses ?
C'est mon dessin naturel. Mis à part certaines nouveautés, j'ai utilisé les mêmes outils. C'est même plus facile que pour "La nef des fous", parce que ce ne sont pas des personnages réalistes, ils sont semi réalistes alors, l'erreur fait partie du dessin. Et finalement, Gribouillis, quand il n'est pas bien dessiné, c'est parce que c'est un gribouillis! (rires...).

Quel monde se cache dans la tête de Turf ?
Ouh là ! Je ne sais pas. J'essaie simplement de raconter des choses que j'aimerais lire et qui ne ressemblent pas trop à ce que l'on trouve dans la BD actuelle. Mais, je ne maîtrise pas vraiment la situation. Je me mets devant ma page et je raconte ; ça sort tout seul. Parfois, ça sort tout seul en allant de travers ! (rires ...). Tu vois, quand je fais "Le corbeau et le renard" pour les fables de Lafontaine, là, c'était conscient. J'ai pris une fable super connue, et j'ai essayé de trouver de nouvelles images pour m'approprier l'histoire.

Pourquoi Turf s'appelle-t-il Turf ?
Car c'est un synonyme de mon nom !

Comment voyez-vous la BD dans 20 ans ?
Pareil. J'ai commencé il y 13 ans et depuis ça n'as pas tellement changé. Il y a eu certes une petite évolution mais ça n'a pas trop changé. Je ne vois pas trop ce qui pourrait arriver à moins que les éditeurs ne continuent à sortir 500 ou 1000 bouquins par an car là on va finir par étouffer le poisson.

Pensez-vous qu'internet et BD forment un bon mariage ?
BD et internet, oui les forums de discussion ça peut-être chouette. Mais je crois que sur les forums, ce sont souvent les mêmes personnes. Mais c'est un nouveau support et pourquoi pas ? Mais je connais des auteurs qui mettent sur internet toutes leurs planches, au fur et à mesure qu'ils les font, et là, je ne sais pas si c'est intéressant par après.

Quelques planches pour susciter l'intérêt des lecteurs ?
Oui, ça, ça peut-être intéressant.

 

Propos recueillis par Jean-Marc B pour www.brusselsbdtour.com

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